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Les Boys - L’ancien entraîneur a été rappelé
© Le Journal/Donald Courchesne
Louis Saia est de retour derrière la caméra pour la deuxième saison des Boys.

LES BOYS

L’ancien entraîneur a été rappelé

Philippe Meilleur
18-10-2008 | 12h00

«Les Boys ne sont pas que des bouffons.»

En reprenant en main l’équipe de Stan pour la deuxième saison de la télésérie, le réalisateur Louis Saia s’est mis en tête de toucher le coeur des gens plutôt que de chercher la comédie à tout prix.

Explication d’une nouvelle stratégie qui s’imposait.

Si le producteur Richard Goudreau est le directeur général des Boys, Louis Saia en est l’entraîneur en chef. C’est lui qui a tenu les rênes de l’équipe pour les trois premiers films, agissant comme réalisateur et chef scénariste.

Mais comme tous les champions, Saia a un beau jour ressenti le besoin de faire ses preuves dans une nouvelle équipe. Plutôt que de suivre ses joueurs dans leur quatrième campagne, il a décidé de tester sa valeur sur le marché des joueurs autonomes.

C’est avec l’équipe de Vice caché (diffusée en 2005 et 2007 à TVA) qu’il a finalement comblé ses nouvelles ambitions.

TOUCHER LES GENS

Pendant qu’il s’occupait de sceller les destins de ces riches familles banlieusardes aux secrets tordus, son ancien club remportait encore le championnat des cotes d’écoute avec une nouvelle télésérie à Radio-Canada, qui a attiré une moyenne de 1,4 million de personnes l’an dernier.

Malgré cet excellent classement, le directeur général Richard Goudreau souhaitait donner une nouvelle direction à son équipe. Quand le temps est venu d’écrire une deuxième saison, il a rappelé son ancien entraîneur pour lui offrir à nouveau le poste.

«On voulait revenir à la formule des premiers films», explique Goudreau. C’est ce défi d’un retour aux sources qui a poussé l’entraîneur à accepter un nouveau contrat avec l’organisation.

«J’avais certaines appréhensions, explique Louis Saia, rencontré la semaine dernière sur son plateau de tournage. J’ai accepté parce que je voulais que les textes soient plus resserrés, qu’ils racontent des histoires davantage réalistes, voire un peu dramatiques.»

«Je pense que les Boys ne sont pas que des bouffons, dit-il. Il fallait recentrer la série pour toucher les gens avec les personnages.»

Avec François Camirand et René Brisebois, Saia s’est donc replongé dans l’univers du hockey en tant que réalisateur et chef scénariste de la série.

UN RETOUR NÉCESSAIRE

Ce retour s’imposait, selon certains vétérans. En effet, l’acteur Marc Messier (Bob) avoue avoir songé à la retraite après la première saison.

«J’avais peur que ça commence à tourner en rond, dit-il. Mais Louis est un vrai rassembleur. Avant le tournage, il a rencontré individuellement chaque acteur pour discuter des personnages et du scénario. Ça m’a convaincu de revenir.»

Un avis partagé par Pierre Lebeau (Méo). «Avec Louis comme chef scénariste, l’écriture est plus serrée, dit-il. Nous allons à l’essentiel plus rapidement et il nous incite à hausser notre qualité de jeu d’un cran. Ce n’est pas pour rien qu’il est devenu une référence en humour.»

«Il a recentré la série vers quelque chose de plus réaliste, de moins farfelu», ajoute Marc Messier.

Et comment l’entraîneur a-t-il vécu ses retrouvailles avec son ancienne équipe?

«Je m’étais fixé plusieurs objectifs au début du projet, et je peux dire qu’ils sont atteints, répond Saia, sourire en coin. Nous avons eu beaucoup de plaisir à nous retrouver tous ensemble. Ça va paraître dans la série, c’est certain.»

  • Le tournage de Les Boys, la série 2 s’est conclu cette semaine à Montréal. La diffusion est prévue pour janvier 2009 à Radio-Canada.

Une pratique essentielle

Qu’importe les critiques, le placement de produit est là pour rester dans l’univers des Boys, affirme le père de la série, Richard Goudreau.

L’an dernier, un débat médiatique avait éclaté après la diffusion des premiers épisodes des Boys à Radio- Canada: le placement de produit des commanditaires de l’émission prenait- il trop de place à l’écran?

© Le Journal/Donald Courchesne
Méo (Pierre Lebeau) tentera de devenir un meilleur être humain et épousera la religion.
La position du producteur Richard Goudreau n’a pas changé d’un iota. À son avis, la pratique est essentielle et ne nuit pas à la crédibilité de son oeuvre.

«Ce débat relevait d’une profonde ignorance de ce que représente la production d’une émission de télé, déplore-t-il. Si le placement est bien fait, c’est une façon comme une autre d’alléger le financement.»

PLUS CRÉDIBLE

Le producteur va jusqu’à dire que l’insertion de marques commerciales dans le décor de son émission ajoute à la crédibilité de la série.

«Si les gars s’accoudent au bar et qu’on leur sert une bière La Tulipe, ça ne dira absolument rien au téléspectateur, plaide-t-il. On n’a qu’à regarder dans n’importe quel lieu public pour voir que la publicité est partout dans la vraie vie. Pourquoi ce serait différent dans la fiction ?»

Le fond du baril

Question d’approfondir les personnages, chaque épisode de la deuxième saison des Boys décortiquera l’univers de deux ou trois joueurs de l’équipe.

Les créateurs veulent ainsi mettre l’accent sur les personnalités respectives des personnages et resserrer les intrigues des épisodes. «Ça rappelle le concept du premier film, qui n’était pas qu’une succession de blagues», illustre le producteur Richard Goudreau.

© Le Journal/Donald Courchesne
«Louis est un vrai rassembleur», dit Marc Messier à propos du réalisateur.

DOULOUREUSES DÉFAITES

L’action se déroulera peu de temps après la victoire des Boys au Million Dollar Tournament de Las Vegas. Victimes du syndrome de l’invincibilité, les joueurs se retrouveront dans une léthargie qui leur fera perdre de très nombreux matchs. Ils toucheront le fond du baril quand un amateur diffusera sur Internet une vidéo de leurs pires moments sur la glace.

Plusieurs personnages vivront aussi une crise existentielle au fil de la saison. Bob (Marc Messier) aura notamment des problèmes de vieillesse, qui l’amèneront à consulter un chirurgien esthétique aux références douteuses. «Il trouve que sa face ne va plus avec son corps», dit Marc Messier en rigolant.

Méo (Pierre Lebeau) traversera quant à lui une grande crise qui le mènera à épouser la voie de la religion. Dans la scène que tournait l’équipe de production lors de notre passage sur le plateau de tournage, le dur à cuire portait fièrement une croix autour de son cou. «Il essaiera de devenir un meilleur être humain, mais le naturel reviendra assez vite au galop», explique l’acteur.

FERN PART, GERRY ARRIVE

Le gardien de but Fern ne sera pas de retour cette année. Un conflit d’horaire avec le comédien Paul Houde, qui anime notamment une quotidienne au 98,5 FM en plus de l’émission Le Cercle à TVA, explique ce départ. Deux nouveaux joueurs feront leur apparition, soit Gerry (Pierre Verville) et Philippe (Patrice Bélanger).

On promet naturellement de nombreuses apparitions éclair dans les épisodes. L’ailier du Canadien de Montréal Alex Kovalev fera l’une d’elles, comme nous le savions déjà, mais le mystère plane sur les autres invités- surprises dans l’équipe de Stan.

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