MONIQUE JUTRASFière de ses traditionsOlivier Artis 30-03-2008 | 21h14
Cette spécialiste de la chanson traditionnelle québécoise fait des liens constants avec l’histoire. Elle a débuté le spectacle avec Je vous salue Mesdames puis a interprété une quinzaine d’autres titres tels La ville de Québec, Trois beaux canards, ou encore, Tout le monde a la grippe. Pendant la représentation, elle parle notamment de Mme Bolduc et de la turlutte qui fascine le public. Elle continue avec le peuplement en Nouvelle-France, l’abondance des coureurs de bois, le manque de cultivateurs et de femmes, ainsi que la religion omniprésente. Tous ces éléments ont eu beaucoup d’influence sur notre histoire et culture, croit-elle. En plus des paroles et interventions, guitare, harmonica, sons de cuillères, d’os et onomatopées ont retenti sur des airs de violons de Jean-Pierre Joyal. Ils ont rappelé le vécu du Québec, nos racines profondes qui devraient être une fierté. Culture et histoire «Les gens de s’attendent pas à ce que le folklore diffuse autant de bagages culturel et historique. Ils n’en sont pas conscients, bien que ces chansons soient chantées dans les familles. Ils ne savent pas toujours qu’elles viennent du Moyen Âge», constate-t-elle en entrevue. Son public semble conscient de sa culture qu’il s’approprie. Il reprend en chœur les chansons, comble spontanément les textes à trous que narre l’artiste. Rien n’échappe à l’assistance qui avait un âge avancé et connaissait l’histoire. À la moindre question posée, les réponses fusaient. Les plus jeunes n’avaient pas fait le déplacement, mais Mme Jutras poursuit sa quête. Elle s’est donnée pour mission de valoriser le folklore et lui redonner ses lettres de noblesse. Elle souligne ainsi l’héritage culturel qui vient de très loin. Elle montre aussi que la poésie a des doubles sens et qu’il ne s’agit pas seulement de proses grivoises. «On a un problème, on dirait qu’on a honte de notre culture. On a un complexe en comparaison avec les Français et les Anglais qui avaient le monopole des affaires. Nous, on avait les terres et les curés», note-t-elle. Enfin, elle souligne que dans les années 1970, le folklore était très fort, avec le mouvement nationaliste. «Du jour où le Parti Québécois a pris le pouvoir, ça s’est estompé», regrette-t-elle. |