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Wilfred Le Bouthillier - Un spectacle trop intime
© Le Journal/Luc Belisle
Wilfred Le Bouthillier a eu de la difficulté à rendre ses chansons sous un nouvel angle pendant son spectacle acoustique et intime

WILFRED LE BOUTHILLIER

Un spectacle trop intime

Philippe Meilleur
29-03-2008 | 12h07

Un spectacle intime et acoustique est normalement destiné à faire découvrir au public de nouvelles facettes des chansons qu'il connaît déjà, ou à lever le voile sur un trait de personnalité méconnu de l'artiste. Est-ce que Wilfred Le Bouthillier atteint cet objectif avec le spectacle qu'il a présenté hier soir au Gesù ? Plus ou moins.

Bien qu'on l'ait déjà vu devant des foules cent fois plus grandes, notamment au Centre Bell, hier soir on ne sentait pas que le courant passait totalement entre l'artiste et le public en début de spectacle. Peut-être une illusion due à la petite timidité qui semblait tenailler le chanteur ?

Wilfred a ouvert avec Tant qu'il y aura et Ne vois-tu pas, avant d'enchaîner en force en balançant son succès Que passent les saisons, écrit par Plamondon. Essentiellement, il s'agissait de la même chanson que nous avons entendue encore et encore sur les ondes radio, outre quelques changements de la ligne mélodique et une finale étirée. Poussières, interprétée quelques instants plus tard, a laissé entrevoir une intro poignante et dramatique, mais s'est terminée de façon trop banale.

«Le danger avec ce genre de spectacle, c'est que toutes les chansons finissent par se ressembler», déclarait Wilfred plus tôt cette semaine au collègue Bruno Lapointe. Après la première moitié du spectacle, c'est effectivement la dure constatation qui nous est venue à l'esprit.

De bons coups

N'allons tout de même pas croire que la version acoustique de Wilfred est bonne à jeter.

La présence du musicien sur scène est excellente. Il interagit plutôt bien avec son public, brisant au fil des chansons cette nervosité que l'on ressentait en ouverture. Il a également su profiter à fond de l'occasion qui lui était donnée de mettre en contexte et d'expliquer la signification des paroles et thèmes de ses textes. Là-dessus, même si les paroles en elles-mêmes ne sont pas terribles, la présentation de Dans mon village a été un succès, le chanteur abordant le très sérieux thème de l'exode rural.

Signalons le brin d'humour qu'a été cette brève interprétation de Thunderstruck (oui, oui, de AC/DC) à la mandoline. Rock on, la mandoline !

Un bon coup, également, que ce medley du groupe 1755, qui a beaucoup plu à l'assistance. On note aussi l'excellent contrôle de la voix du chanteur, qui a frappé toutes ses notes avec justesse.

Pour les fans établis de Wilfred, cette version acoustique est un petit bonus à se mettre sous la dent. Pour les autres, c'est correct, sans plus, comme disait l'autre.

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