QUATUOR SAINT-GERMAINLes profs ne viennent pas faire la leçonMarc-André Boivin 25-03-2008 | 18h27
Signe que la musique classique a de plus en plus la cote auprès d’un public de moins en moins marginal, le Quatuor Saint-Germain multiplie les spectacles par les temps qui courent en plus d’accumuler les honneurs partout où il passe. Le quatuor à cordes s’affaire effectivement à remplir sa prochaine année de concerts après avoir remporté le Prix ROSEQ/Rideau en 2007 et tout récemment, le premier prix culturel remis par la Ville de Rimouski à un artiste ou à une collectivité d’artistes en reconnaissance de leur excellence. «C’est grâce à des gens comme François Dompierre, Alain Lefèvre ou encore Yanick Nézet-Séguin que la musique classique connaît un tel regain d’énergie. Ce sont des interlocuteurs et des vulgarisateurs incroyables qui savent parler et transmettre leur passion. C’est aussi ce que nous essayons de faire», affirme le violoncelliste James Darling. Rejoint par Canoë dans la région de Rimouski, où les quatre virtuoses travaillent, autant en tant qu’enseignants au Conservatoire de musique de Rimouski qu’à l’École de musique du Bas-St-Laurent, M. Darling est aussi, en compagnie de son épouse (la violoniste Élise Lavoie également du Quatuor), le fondateur de Concert aux Îles du Bic, un festival de musique de chambre qui en sera à sa huitième édition l’été prochain. Le musicien confie que la formation a trouvé sa propre manière de toucher les spectateurs, qu’ils soient connaisseurs ou débutants dans le domaine. Répertoire Aux dires de celui-ci, le quatuor tente de combiner un répertoire provenant des 18e et 19e siècles avec des pièces plus modernes. « Nous laissons aussi une grande place aux musiques méconnues. Nous interpréterons par exemple une œuvre d’Alexander Zemlinsky, un compositeur très marginal qui mérite vraiment d’être connu », souligne-t-il. Fait assez rare, les musiciens présentent, tour à tour, les pièces interprétées durant leur prestation. « Nous devons vulgariser nos concerts en expliquant aux gens et en leur donnant des pistes sur les pièces. Nous sentons que les spectateurs sont prêts à embarquer si les musiciens réussissent à les intéresser », ajoute-t-il. Au menu donc de cette soirée, le Quatuor opus 18, no 1 en fa majeur de Beethoven, Divertissement de Marc Bélanger, Fratres du Viennois Arvo Pärt et le Quatuor no 1 en la majeur, opus 4 de Zemlinsky. « Ce qui est intéressant avec Beethoven, c’est que c’est le premier quatuor à cordes qu’il a composé et il a tout de suite mis sa marque sur le genre musical. Il a trouvé une autre façon de faire en prenant des petits motifs de Mozart ou encore Haydn et en explorant plus à fond ceux-ci, sans se donner de limite », explique M. Darling. Selon ce dernier, l’œuvre en trois mouvements de Marc Bélanger sera aussi intéressante puisque le présentateur de la série de concerts classiques à l’Anglicane n’est nul autre que François Dompierre, un ami et collaborateur de Bélanger. |