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© Le Journal de Montréal |
Sobre depuis trois mois, Éric Lapointe apprivoise sa nouvelle vie au quotidien. |
ÉRIC LAPOINTE
Le matou dégriffé
Michelle Coude-Lord
Le Journal de Montréal
02-05-2009 | 04h00
Sobre depuis trois mois, Éric Lapointe apprivoise
sa nouvelle vie au quotidien et se surprend
même à aimer la solitude sans avoir à ses côtés
son ancienne blonde nommée... Vodka. Il
présente l’album Ailleurs, des collaborations
avec des artistes de renom qui l’ont fait grandir
depuis le début de sa carrière.
Il a répertorié une trentaine de chansons qu’il offrira sur
deux albums. Le premier arrivait en magasin cette semaine
et un autre est prévu d’ici la fin de l’année.
À l’aube de ses 40 ans, qu’il fêtera le 28 septembre prochain,
l’interprète a voulu rassembler, comme il le dit fort
bien, «ces moments de création et de générosité qui m’ont
permis de briller avec de nombreuses étoiles.» De Céline
Dion, en passant par les Dubois, Ferland, Bigras, Isabelle
Boulay.
Écoutez des extraits de Ailleurs
L'amour existe encore (Céline Dion et Éric Lapointe)
Chasse-Galerie (Claude Dubois, Garou et Éric Lapointe)
Rock Steady (Nanette Workman et Éric Lapointe)
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Il nous donne rendez-vous dans un petit café de la rue
Saint-Laurent... en fin de matinée.
Déjà bien différent de l’oiseau de nuit qui avait l’habitude
de rencontrer la presse dans les bars, et surtout pas avant
la fin de l’après-midi.
L’homme est reposé, énergique, heureux et fièrement
sobre.
«C’est moins pire que j’aurais pensé. J’ai du plaisir; plus
de facilité à m’exprimer et à faire mon métier qui est ma raison
de vivre, ma passion», confie d’emblée le sage rockeur.
UN HOMME À DÉCOUVRIR
Il tient le coup avec assurance.
«Je redécouvre mes amis, je ne pensais pas
que j’en avais autant. Des bons. Des vrais. J’ai
dit à ma gang de musiciens et de techniciens
qu’ils pouvaient continuer de boire avant et
après les shows s’ils le voulaient. Ils m’ont dit
qu’ils jouaient mieux à jeun. Je commence à croire
qu’ils se relayaient chacun pour boire avec moi
mais que ce n’était pas leur bag», lance en riant Éric
Lapointe.
Il sent sa voix plus solide, plus pure. Sur scène, il affiche
une nouvelle assurance.
«C’est bizarre, on dirait que je découvre un personnage
qui s’appelle Éric Lapointe. Je ne le connaissais pas. Sur
scène, j’ai été nerveux, les premiers spectacles. Je titube
encore un peu, de vieilles habitudes d’un gars qui a performé
parfois avec de la boisson dans le corps. Je ne sais
pas où placer mes mains, j’avais souvent une bouteille de
bière dans la main. Mais j’ai tellement plus de fun»,
avoue-t-il avec sincérité.
© Le Journal de Montréal |
Un duo intense entre
Lapointe et Garou |
AU FOND DE LA NUIT
Extrémiste, Eric Lapointe est allé au fond de la nuit.
«Mon adolescence fut longue, très longue. J’ai tout fait
pour mourir jeune. Et là, ayant atteint 40 ans, me voilà trop
vieux pour mourir jeune. Je dois faire d’autres plans, comme
m’habituer à vivre le jour. Je me suis souvent demandé
à quoi les gens qui ne vivaient pas la nuit occupaient leur
journée. Quoi faire de tout ce temps? Or, aujourd’hui, je
manque de temps. C’est une drôle de sensation.»
Il avoue flirter encore avec la nuit, aller voir ses amis
musiciens dans les bars. «C’est mon monde. Mon univers.
Mais je sais résister et bien me protéger. J’ai eu des petits
moments d’anxiété et là je prends mes pilules pour m’aider.
Ça ne m’est pas arrivé très souvent. Je suis fier.»
Il dit que les artistes atterrissent dans ce métier parce
qu’ils sont «en quête d’amour». Tout simplement. Éric
Lapointe est chanceux, car il en reçoit énormément.
Les projets se multiplient. Participation à l’album en
anglais de Lost Fingers, à celui de Marjo, à un autre sur les
30 ans du Festival de jazz, et il tournera dans la télésérie
Les Boys.
«J’ai tout ce que je peux désirer dans la vie. Je vis de mon
art, de ma passion, j’ai des fans incroyables, j’ai dû ajouter
deux dates au Métropolis, même en ces temps plus durs.
Je suis privilégié.»
SOBRIÉTÉ RIME AVEC TIMIDITÉ
L’homme est fièrement sobre, mais aussi plus timide
depuis qu’il a sorti de sa vie, sa blonde Vodka.
«Je suis complètement désarmé devant les femmes.
Je ne sais pas quoi dire. C’est peut-être pour cela que
j’ai commencé à boire...», lance Éric Lapointe avec son
sourire de petit gars.
Il se rappelle. «J’ai vécu une histoire d’amour passionnée
avec l’alcool. Ça m’a donné des nuits folles d’intensité,
des albums, des femmes incroyables que je n’aurais
jamais pensé avoir. Mais l’alcool me tuait. Je ne buvais
plus par passion, mais par besoin physique. Mourir ou
changer de vie. J’ai décidé d’apprendre à vivre le jour»,
conclut Éric Lapointe maintenant Ailleurs.
Un titre d’album qui l’habille parfaitement.
Sur la route d'Ailleurs: des moments qui font grandir
Eric Lapointe aime vivre de beaux moments avec
des gens qu’il aime, qu’il respecte. «Ça me sort de
ma bulle et me permet d’aller dans l’univers d’un
autre artiste. J’y vais d’instinct. J’apprends et je
grandis à travers ces expériences. Je ne le fais
jamais pour me positionner. Ce sont des coups
de coeur», confie l’interprète.
L’AMOUR
EXISTE ENCORE,
CÉLINE DION
«Une chanson que
j’affectionne. La plus
belle de Plamondon à
mon avis. Je l’ai chantée
une première fois
lors d’un hommage
Berger-Plamondon.
Et l’été dernier, sur
les Plaines avec Céline.
Un de mes grands
moments de carrière.
Je remercie Céline de
m’avoir permis de
l’inclure sur cet
album. Une chanson
que Plamondon avait
écrite pour un gars,
car c’est une histoire
de bum. On parle
d’années de déroute...
mais elles sont où
les années de déroute
à Céline? Cette toune-là
me colle plus à la
peau.»
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LE PITBULL
S’EN VIENT
«Ma chanson composée
pour le film Les
Boys 3. Je vis une belle
histoire avec cette
gang-là. Et mon agent
m’appelle, depuis 20
ans, le pitbull. Une
toune que j’aimerais
faire en show.»
À TOI
«C’est mon hommage
à Joe Dassin. J’ai
été initié par ma
mère qui était une
grande fan.»
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LE MATOU
DÉGRIFFÉ
«C’est une chanson
enregistrée pour
Annie et ses hommes.
Un épisode dans
lequel Claude Legault
m’avait écrit une
chanson. Je l’ai
arrangée. C’est une
belle toune d’été.
Et le
matou dégriffé...ça
me ressemble à ce
moment-ci de ma
vie.» |
UNE CHANCE
QU’ON S’A
«Ferland, c’est l’ensemble
de son oeuvre
qui m’impressionne.
Il a la plume et le
talent que j’aurais
aimé avoir. Je crois
que nous n’avons pas
développé une amitié
d’hommes parce que
je l’admire trop, ça
crée une barrière.
Mais on se ressemble,
c’est un bum
et un romantique
dans l’âme. Je l’aime
profondément.» |
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UN HOMME ÇA
PLEURE AUSSI
«Elle est de Roger
Tabra, et Dan Bigras
et moi on la chante.
Ça nous ressemble
tellement tous les
deux, Bigras et moi.
Je n’ai aucune pudeur
à pleurer en public.
Ça fait du bien de
pleurer pour toutes
sortes de raisons.
C’est la vie. Et Bigras
et moi on s’aime.»
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FOLLE DE NUIT
«L’album solo de Serge
Fiori. Les arrangements
laissaient à
désirer, - excuse-moi
Serge, (lapointe sourit)
- mais Harmonium
j’en ai tellement
écouté, j’ai de la diffificulté
à choisir parmi
leurs compositions.
Tant qu’à reprendre
une chanson il faut
que tu lui apportes
quelque chose que tu
l’amènes ailleurs.» |
SI JE SAVAIS
PARLER AUX
FEMMES
«Ça rejoint bien des
hommes. Je suis très
maladroit pour cruiser
une femme et la
séduire. Sur scène
c’est fameux, tu en as
des milliers devant
toi. Mais la femme me
désarme, on ne vient
pas de la même planète.» |
L’HÉROÏNE DE
CETTE HISTOIRE
«Une demande
d’Isabelle Boulay,
de son premier
album. Quand on
dit qu’un duo, une
collaboration fait
grandir. C’est un
échange. Isabelle
t’apporte tout cela.» |
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L’album
d’Éric Lapointe,
Ailleurs,
volume un, est
déjà en magasin.
Il donnera trois
spectacles au
Metropolis, il reste
des billets pour
le 21 juin.
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PAPA POURQUOI
TU CRIES?
«Une chanson très
forte de Roger Tabra
sur la violence des
hommes, que j’ai
enregistrée au début
des années 90 pour
une campagne de
levée de fonds. Elle
circule encore dans
les maisons de thérapie.
C’est une superbe
chanson qui me
touche énormément.
Pour moi, la violence
chez les hommes
c’est un manque de
vocabulaire.»
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CHASSE-GALERIE
«L’une des grandes
chansons de notre
répertoire. Un honneur
de chanter avec
Claude Dubois et
Garou. Je dis merci à
Claude et à Sony de
m’avoir permis de la
reprendre sur cet
album.»
ROCK STEADY
«C’est ma Nanette,
mon fantasme. J’aime
tout de cette
femme. Sa voix, son
énergie. Participer à
son album fut un
grand honneur.» |
I WANT YOU,
I NEED YOU,
I LOVE YOU
«Je suis un fan fifini
d’Elvis Presley. J’ai
une collection
incroyable de ses
albums. À huit ans, je
m’endormais avec sa
musique. J’avais
enregistré cette chanson
pour un magazine
Top CD qui est
mort rapidement,
donc la chanson n’a
pas eu de rayonnement.
J’ai décidé de
l’inclure dans cet
album.»
LES UNS CONTRE
LES AUTRES
«Aucun homme
l’avait chantée. C’est
vraiment l’ailleurs...»
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