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Musique en ligne - Les ados ressuscitent le rock classique
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Les Toxic Twins, Steven Tyler et Joe Perry de Aerosmith

MUSIQUE EN LIGNE

Les ados ressuscitent le rock classique

23-04-2006 | 11h44
Une nouvelle génération se tourne vers les Hendrix, Floyd et Zeppelin.

Comme de nombreux parents avant lui, Steven Tyler s'est dit choqué de la musique qui tonitrue dernièrement en provenance de la chambre de son ado de 15 ans. Le chanteur de Aerosmith est certes mal placé pour désapprouver... «Je passe près de sa chambre le soir et mon fils écoute du vieux Zeppelin, comme Black Dog», dit Tyler. «Il a converti tous ses amis à Cream et ils adorent tous Toys in the Attic, de Aerosmith. «Je lui ai dit que je n'arrivais pas à croire qu'il écoute cette musique.»

Si le rock classique ne risque pas de détrôner le emo ou le hip-hop sur la liste d'écoute de la plupart des adolescents, un nombre croissant de ceux-ci y font maintenant de la place pour les Led Zeppelin, Pink Floyd, Jimi Hendrix et autres Beatles.

Par ailleurs, les ventes de guitares électriques atteignent des niveaux records; les ventes de modèles bas de gamme ayant passé à près du double en 2004 de ce qu'elles avaient totalisé en 2003.

«Les jeunes passent par le hard rock, le hip-hop et le pop assez rapidement, puis ils ont faim pour autre chose», dit Steven Van Zandt, DJ et guitariste dans le E Street Band de Bruce Springsteen, qui dit recevoir des centaines de courriels d'adolescents le remerciant de les avoir orientés vers des groupes comme les Kinks. «Ils reviennent toujours au rock & roll classique.»

Neuf pour cent des jeunes américains âgés de 12 ans à 17 ans ont écouté du rock classique à la radio lors d'une semaine type en 2005. Cela représente une augmentation légère mais significative au cours des trois dernières années, et un total de 2,3 millions d'adolescents ont donc syntonisé ce genre d'émissions radiophoniques à toutes les semaines, selon les cotes d'écoute de la firme américaine Arbitron. Certains marchés spécifiques ont connu une croissance encore plus dramatique: le nombre d'adolescents syntonisant la station radiophonique new-yorkaise Q104.3, la plus importante chaîne nationale américaine diffusant du rock classique, a fait un bon de 20% depuis l'automne 2002.

«Cela se produit vraiment depuis les cinq dernières années» dit Maria Milito, DJ à Q104.3. «Des gars vous demandent maintenant des chansons de Hendrix d'une voix qui n'a même pas encore mué.» Le style underground garage de Van Zandt, joué sur 140 stations radiophoniques à travers les États-Unis et le Canadales dimanches soirs, tire le tiers de son auditoire des radiophiles de moins de 25 ans.

Les adolescents ont certes des préférences marquées en matière de groupes de rock classique. Selon une étude de marché de la firme NPD, les jeunes âgés de 13 à 17 ans ont acheté 20% de tous les albums de Floyd et de Zeppelin vendus de 2002 à 2005 et 17% de tous les disques de Hendrix et de Queen. Ce groupe d'âge n'a toutefois contribué qu'à un maigre 3% de toutes les ventes d'albums de Creedence Clearwater Revival, à 6% des ventes des Rolling Stones et à un infinitésimal petit un pour cent des ventes de disques de Cat Stevens. «Il émane d'un groupe mythique comme Led Zeppelin une telle force et une puissance d'attrait phénoménale pour les jeunes», explique le vice-président, marketing chez Rhino Records, Mike Engstrom. Celui-ci ajoute que ce sont les jeunes acheteurs qui ont soutenu les ventes de l'anthologie de matériel live de Led Zep publiée en 2003 par l'étiquette.

L'enthousiasme des jeunes audiophiles aide de vieux classiques du calibre d'un Dark Side of the Moon de Pink Floyd ou encore Back in Black de AC/DC à se vendre à des milliers de copies par semaine. Semaine après semaine, un nouveau groupe de jeunes découvre ces albums», explique Jeff Jones, premier vice-président de l'étiquette de réimpression Legacy Recordings du géant Sony BMG.

Des artistes vétérans voient également de nouveaux jeunes visages se pointer en grand nombre à leurs concerts; lors d'un spectacle de Tom Petty au Jones Beach de New York en juin dernier, de nombreux jeunes n'ayant pas plus de 14 ans sont venus en groupes et chantaient les chansons par coeur. «J'avoue n'y rien comprendre», dit Petty.

«L'auditoire moderne type est maintenant âgé de 16 à 60 ans», dit le gérant des Allman Brothers, Bert Holman. «Les jeunes ont l'impression d'assister à quelque chose de légendaire et de spécial.» Une vieille icône du rock classique, George Thorogood, n'a eu d'autre choix que d'accommoder sa liste de chansons à son auditoire rajeunissant. «J'ai dû y faire un petit ménage, vous savez», dit-il. «Vous m'imaginez, en train de chanter Cocaine Blues à des jeunes de cet âge? Pas moi.»

Mais quel attrait les vieux hymnes guitaristiques peuvent-ils avoir sur les jeunes nés dans les années 1990? De tout ce qui s'est fait de qualité en termes de rock au cours des dix dernières années — du pop punk au néogarage en passant par le dance rock — aucun nouveau son dominant n'a en fait émergé depuis le grunge, au début des années 1990. «Je ne peux me rappeler d'un album récent qui ait bouleversé qui que ce soit», souligne Jeff Peretz, réalisateur et professeur de guitare à Manhattan. «L'époque glorieuse des héros de la guitare est révolue. Les jeunes ne viennent pas vous voir en disant, "Je veux apprendre à jouer comme John Mayer."»

«Il y a un tel vide au niveau de l'inspiration que les jeunes redécouvrent des groupes comme The Who et Black Sabbath», dit Paul Green, directeur de la Paul Green School of Rock Music, qui est passée d'un premier centre à Philadelphie en 1998 à des succursales dans une douzaine d'autres villes.

Simultanément, Internet a fait en sorte que des tubes vieux de 40 ans sont maintenant accessibles en temps que succès au palmarès en ligne. «J'ai commencé à voir une vraie tendance se dessiner avec l'arrivée de Napster autour de 1999», explique le guitariste de Aerosmith, Joe Perry, père de deux fils adolescents.

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Les Toxic Twins, Steven Tyler et Joe Perry de Aerosmith
L'année dernière, les jeunes ont même recommencé à porter le flambeau des balades de Journey: la chanson de 1981 Don't Stop Believin’ a été propulsée au top dix de iTunes après avoir accompagné un moment romantique de la série réalité à succès Laguna Beach sur la chaîne MTV. 200 000 téléchargements payants ont été enregistrés depuis. «Je suis si heureux de voir une nouvelle génération embrasser ce en quoi nous croyions», a dit l'ex-chanteur du groupe Journey, Steve Perry. «À l'époque, nous avions connu du succès puis nous avions sombré dans l'indifférence la plus totale, mais parfois l'histoire peut changer avec le temps.»

«C'est presque cyclique — lorsque la musique prend de l'âge, elle redevient branchée à nouveau», raconte la chanteuse Jenny Lewis de Rilo Kiley, qui interprète sur son nouvel album solo Rabbit Fur Coat le vieux succès des Traveling Wilburys, Handle with Care. Lewis voit également une autre raison pour expliquer l'engouement actuel: «Cela s'appelle du rock classique pour une bonne raison — ce sont des classiques. De la musique tout simplement extraordinaire.»

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