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À découvrir - Quantic Soul Orchestra — Pushin’ On
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Quantic Soul Orchestra — Pushin’ On

Par J. Sébastien Chicoine — Canoë
25-06-2005 | 04h00
Quantic Soul Orchestra c’est la version acoustique de Quantic, le pseudonyme d’un jeune prodige polyinstrumentiste britannique, Will Holland, qui est dans la mi-vingtaine mais qui a déjà cinq albums à son actif — trois sous le nom de Quantic et deux sous le nom de Quantic Soul Orchestra.

Là où Quantic fait dans le trip hop, les breaks et même dans le hip hop, mais en version électronique et parfois accompagné de musiciens, Quantic Soul Orchestra est une version acoustique de la débordante créativité de Holland.

Difficile toutefois de qualifier QSO de groupe: il s’agit véritablement de Will Holland jouant tous les instruments (guitare, basse, cuivres) accompagné de Russell Knight à la batterie et de la voix absolument magnifique de Alice Russell.

Et ça sonne comment?

C’est du funk, du soul et du R&B, purs et durs, qu’on dirait arrivés directement des années ‘60. C’est du James Brown, du Aretha Franklin, du Meters. Rien de moins...

J’en veux pour preuve des bijoux tels West Pier Getdown, la pièce titre, dans laquelle Alice Russell se donne même des airs de James Brown en imitant son cri caractéristique («EeeeeeeeeeeeaaoooooW!»), Feeling Good et ses arangements de cordes, Get A Move On ou Paintings and Journeys.

Et quand je vous dit «années ‘60», ça s’entend jusque dans la production: pas de synthés là-dedans et probablement pas de micro-puces, que des instruments, des micros et une console de mixage. Je suis convaincu que même les rares effets son «vintage».

Holland est un proche de Andy Carthy, a.k.a. Mr. Scruff et du label Tru Thoughts et ce n’est donc pas surprenant qu’il ait non seulement collaboré avec ce dernier, mais qu’il propose également sa propre version du méga hit de Scruff, la sus-mentionnée Get A Move On, une pièce qui est elle même plus que largement inspirée d’une autre, Bird’s Lament, de Moondog, un musicien new-yorkais obscur (il était sans domicile fixe et jouait tous les jours devant le Carnegie Hall) et célèbre à la fois (des noms comme Philip Glass le citent comme influence).

Pardonnez-moi si je m’égare, mais il faut parfois remettre les pendules à l’heure.

En bref, ce que cela signifie c’est que l’univers musical de Will Holland est riche et profond, ne serait-ce que parce qu’il est aussi DJ, un de la race qu’on nomme les «crate diggers», c’est-à-dire quelqu’un qui peut passer des journées entières à rechercher la perle rare et autres obscurités dans les bazars de sous-sols d’églises et les marchés aux puces.

Je vous ai parlé ici de son plus récent, Pushin’ On, mais je ne saurais assez vous recommander tout ce qu’il a pu produire, autant le premier disque de QSO, Stampede, que l’album de Alice Russell, Under the Munka Moon, que des trois albums sous le pseudonyme de Quantic (The 5th Exotic, Apricot Morning, Mishaps Happening).

Avec en moyenne 1.25 album par année, vous ne pouvez pas vous ennuyer!

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