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8 MILE
Eminem
Par Jean Beauchene – Journal de Montréal
02-12-2002 | 04h00
Avec le recul, Eminem se révèle un des phénomènes les plus intéressants depuis Nirvana. Côté hip-hop, son alignement et la caution de Dr. Dre au cœur même du gangsta rap ont fait beaucoup pour crédibiliser l’Elvis de la
White Trash, porte-parole des p’tits Blancs, de leurs frustrations, de leurs incompréhensions, de leurs sentiments d’impuissance fortement refoulés, de leurs naufrages dans un amoralisme sordide.
La différence avec Kurt Cobain, c’est que la rage ne se retourne pas contre soi. Mais contre l’autre, qu’on insulte, qu’on intimide, qu’on démolit par les mots d’abord puis ensuite ? ! Et c’est là la seule planche de salut – one shot, one opportunity to size everything you ever wanted – d’embraser incrédule le rêve américain. Aussi simpliste que bien illusoire pour beaucoup – in the United States of Embarrassment.
Eminem a une tronche, une verve et un culot idéal pour tous rebelles sans cause. 8 Mile est en quelque sorte une variation sur le thème du Graal. Et qui fait changement d’avec le Seigneur des Anneaux et Harry Potter.