FESTIVAL REGARDSuccès du court dans le NordPar Antoine Godin 12-02-2007 | 16h20
Encore une fois, le public était au rendez-vous pendant ces cinq jours de festival avec une assistance record de 20 000 personnes. Selon les organisateurs, la nouvelle activité extérieure du Festival, l’Écran de neige, a contribué à cette augmentation en attirant un nouveau public parmi la population. Les projections en salle ont également attiré davantage d’amateurs de cinéma, obligeant même les organisateurs du Festival à afficher complet samedi soir. Enfin, la tournée de la Caravane du court métrage, qui s’est rendue dans plusieurs écoles secondaires de la région, a rejoint plus de 2 500 élèves. Plusieurs réalisateurs invités n’ont pas manqué de souligner leur surprise, mais surtout leur satisfaction, de voir autant de gens se déplacer pour assister à des séances de projection de courts métrages. Du film rigolo et artisanal comme Le petit terrorisme de Pierre-Mathieu Fortin, au sensible Histoire tragique avec une fin heureuse de Regina Pessoa, en passant par l’esthétisé World of Glory de Roy Andersson ou encore l’historique Grandmother, Hitler & I de Carl Johan de Geer, chaque séance de projection nous rappelle qu’il y en a pour tous les goûts. De ce point de vue, REGARD offre pour chaque plage horaire une très belle programmation bien équilibrée. L’humour et le talent de Jean-François Rivard (Les Invincibles) ont été confirmés par une rétrospective lui étant consacrée. Le public a eu le plaisir de revoir son premier film humoristique –dans lequel il jouait- tourné en SuperVHS, au grand dam du réalisateur qui finalement aurait préféré ne pas se revoir à l’écran. Rivard ne fait pas que dans l’humour, Noël Blank, mettant en vedette Sylvain Marcel et Gilles Pelletier, était à l’affiche dimanche après-midi. Un «chef-d’œuvre bouleversant», selon Sylvain Marcel. Reindeer-scoring in Jukkasjärvi (sur Youtube sans sous-titres), un film suédois d’animation à l’humour complètement déjanté, en aura sûrement choqué plus d’un avec son histoire abracadabrante de grosse femme dentiste complètement folle. Mathieu Fontaine nous a prouvé sa débordante imagination dans Terreur au 3918 en transformant son appartement en vaisseau spatial carburant aux «toasts» et aux pintes de lait. Mon coup de cœur va au film Dust Bowl Ha ! Ha ! présenté en première samedi soir et réalisé par un gars de la région, Sébastien Pilote. «Dans une petite ville sur le bord d’une baie, Baie des Ha ! Ha !, un homme n’a plus de travail». Il s’agit donc d’un hommage filmique dédié à tous les travailleurs, d’ici ou d’ailleurs, qui perdent leur emploi après plusieurs années de loyaux services. La force du film relève principalement, et étonnamment, de l’excellente présence à l’écran de l’acteur «amateur» André Bouchard. Amateur entre guillemets, puisque même si l’artiste habitant maintenant à l’Anse St-Jean s’est surtout illustré comme artiste-peintre, il n’en demeure pas moins détenteur d’un Baccalauréat en art dramatique à l’UQAM et a étudié la méthode Stanislavski avec Igore Ovadis tel qu’on l’apprend sur son site web. Cette récolte de bons films vient toutefois avec son ivraie et il est dommage de constater que certains films -qui pourtant réussissent souvent à nous captiver- se terminent dans la confusion la plus générale. Comme si l’idée de film était incomplète, sans finale mordante. Tel ce film belge prenant, Taurus, où deux jeunes, visiblement traumatisés par l’expérience qu’ils viennent de vivre, semblent avoir battu à la mort un animal ou une personne. On nous fait bien sentir la portée de leur geste pendant qu’ils s’enfuient des lieux du crime. Finalement le plus vieux des deux jeunes donne un coup de téléphone à ce qui semble être sa mère et puis… rien. Ce genre de film prouve que le court métrage n’est pas un exercice facile et que quelques bonnes idées ne suffisent pas à réaliser un produit fini qui tiendra en 5, 10 ou 15 minutes. On ne peut pas conclure sans parler du film improvisé, défi lancé cette année au réalisateur Francis Leclerc. Les contraintes avec lesquelles le cinéaste devait composer étaient celles-ci : -accessoire : costume des années 80, massue et trottinette des neiges
De cet «objet curieux», de l’aveu de Leclerc, l’auteur en dira le soir de sa projection: «Ma contrainte à moi, et toute l’équipe était d’accord, la contrainte générale qu’on s’est donnée, c’est que je n’avais pas le goût de faire une blague avec chaque contrainte. On a essayé de faire un film sérieux. Je voulais que dans un an, deux ans ou trois ans, quand on revoit ce film et qu’on ne connaît plus les contraintes, que le film se tienne pareil. Mon but était d’inclure les contraintes qui font partie intégrante de l’histoire et non pas l’inverses». Le public a donc eu droit à un très bon et dramatique court métrage réalisé en moins de 48 heures dans lequel Sylvain Marcel tenait le rôle intense aux côtés de Roy Dupuis. Présenté devant une salle comble, le film intitulé Revenir a su gagner la faveur du public grâce à sa grande qualité. Francis et son équipe ont été chaudement applaudi suite à la projection du film. C’est le film de Ky Nam Le Duc, West Coast Québec, qui s’est mérité le prix du jury et la bourse de 1000 $ dans le cadre du concours Tourner à tout prix!. Le jury de cette année était composé de la réalisatrice québécoise Miryam Bouchard, du réalisateur belge Xavier Diskeuve et du producteur Carl Gaudreault de Télé-Boréale Productions. Le film Quatuor en do majeur de Mathieu Chevalier, Mathieu Clavet, Michaël Lalancette et Sean O'Connor a quant à lui remporté le Prix du Public Alcan accompagné également d'une bourse de 1 000 $. |