POUR LES HABITUÉS DU GENRE
Faubourg 36
Maxime Demers
Le Journal de Montréal
11-10-2008 | 05h00
Les amateurs de vieilles comédies musicales trouveront
probablement leur compte dans
Faubourg 36, nouveau
film du réalisateur des
Choristes. Les autres, pas sûr…
Comme dans Les Choristes, la musique
occupe une place importante dans Faubourg
36. Inspiré du cinéma français des
années 1930 (Carné, Prévert, etc.), le second
film de Christophe Barratier est ambitieux,
superbe visuellement et divertissant à souhait,
mais le charme opère moins que dans
Les Choristes. Il manque à Faubourg 36 cette
fraîcheur et cet humanisme qui ont fait le
succès des Choristes.
L’action est campée cette fois-ci autour
d’un music-hall dans un faubourg parisien,
dans les années 1930. On est en 1936. À
Paris, et partout en France, c’est la montée
du Front populaire. C’est dans ce climat de
grève et de guerre à l’horizon que le music-hall
Chansonia ferme ses portes, après que
son propriétaire s’est enlevé la vie.
Pour Pigoil (Gérard Jugnot), Milou (Clovis
Cornillac) et Jacky (Kad Merad), trois
ouvriers à l’emploi du music-hall, c’est
d’abord la catastrophe. Jusqu’au jour où
l’un d’entre eux a une idée: occuper le
théâtre pour y monter un spectacle
populaire avec d’anciens employés de
l’établissement.
Ils recruteront de nouveaux talents et
orchestreront un nouveau spectacle centré
autour de leur grande découverte, la jeune
et jolie Douce (Nora Arnezeder, une vraie
révélation), qui tombera également dans
l’oeil des nouveaux propriétaires du
Chansonia.
RÉUSSITE TECHNIQUE
Bien ficelé mais très conventionnel, le
scénario de Barratier ne manque pas de
rebondissements et possède tous les
ingrédients pour nous tenir en haleine
pendant deux heures (amour, vengeance
et un peu trop de bons sentiments). Les
chansons sont belles et les acteurs offrent
tous une performance admirable (ils chantent
et dansent tous eux-mêmes), les
tableaux musicaux sont superbes et
envoûtants.
Visuellement aussi, le film de Barratier est
impeccable. Tout a été travaillé avec minutie:
les costumes et les décors – qui ont
d’ailleurs été confiés au talentueux Jean
Rabasse, qui a notamment travaillé avec
Jean-Pierre Jeunet (La Cité des enfants
Perdus) et le Cirque du Soleil. Sa reconstitution
du vieux Paris est tout simplement
magnifique.
Techniquement, Faubourg 36 est donc
plus réussi que Les Choristes. Mais il
manque à ce nouveau film un petit quelque
chose qui lui permettra de toucher autant
un large public.