PAS GRAND-CHOSE DE NEUF
Body of Lies (Une vie de mensonges)
Maxime Demers
Le Journal de Montréal
11-10-2008 | 05h00
Les films sur le terrorisme
et la guerre en Irak se
succèdent au grand écran
depuis deux ans. C’est
maintenant au tour du
vétéran Ridley Scott de
s’attaquer au sujet avec
son thriller d’espionnage
Body of Lies.
Mais ne cherchez pas de
discours ou message politique
spécifique dans le film, Body
of Lies (Une vie de mensonges)
évite justement ce piège, tout en
écartant toute forme de patriotisme
(problème récurrent, on
le sait, dans le cinéma hollywoodien
de guerre).
Adapté d’un roman d’un journaliste
du Washington Post,
David Ignatius, d’après un scénario
de William Monaghan
(The Departed), Body of Lies
met en scène un agent de la CIA
surdoué mais un brin idéaliste
envoyé en mission en Jordanie
pour traquer un dangereux
terroriste qui multiplie les
attentats dans le monde.
Pour bien infiltrer le réseau,
il doit compter sur l’aide d’un
vétéran de la CIA (Russell Crowe,
qui a pris une cinquantaine
de livres pour le rôle) qui lui
donne des conseils (ou, plutôt,
des ordres) sur son cellulaire
depuis Washington.
Fidèle à lui-même, Ridley Scott
(Gladiator, Black Hawk Down,
Blade Runner, American Gangster,
etc.) signe un divertissement
de haut calibre, musclé et intelligent
qui nous tient rivé sur le
bout de notre siège pendant deux
heures.
Le film nous transporte à un
rythme effréné dans des endroits
chauds de la planète: en Irak, en
Jordanie, en Hollande, à Dubai.
Les explosions, cascades, poursuites
et scènes d’action se succèdent
à l’écran sans temps mort et
certains plans sont renversants
(les prises de vue aériennes sont
particulièrement spectaculaires).
Cela dit, l’intrigue du film est
complexe, trop complexe pour
rien, peut-être.
DICAPRIO EN FORME
Dans un rôle très physique,
Leonardo DiCaprio étonne par
son aplomb et son intensité. Complexe
et déchiré, son personnage
n’a rien du héros unidimensionnel
typique. Russell Crowe est
plutôt comique dans le rôle de
l’ex-agent bedonnant qui travaille
désormais au bout de son cellulaire,
même si son rôle est somme
toute assez accessoire.
Mais la vraie révélation du film
est l’acteur britannique Mark
Strong, qui crève carrément
l’écran sous les traits du
patron du service d’espionnage
jordanien.
En fait, le principal désavantage
de Body of Lies est d’arriver sur
nos écrans après une série de
récents films du genre, Bourne
Ultimatum, The Kingdom,
Rendition et Vantage Point,
notamment. Et malgré ses qualités
indéniables, Body of Lies
n’offre pas grand-chose de plus
que ses prédécesseurs.
Reste à voir si le film de Scott
réussira à attirer des gens dans
les salles. Gros défi quand on sait
que les récents films américains
sur le terrorisme et la guerre en
Irak se sont cassé la gueule au
box-office…