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Une bonne idée exploitée à l'aveuglette - Blindness (L'Aveuglement)
Cote de Canoë
2.5/5

UNE BONNE IDÉE EXPLOITÉE À L'AVEUGLETTE

Blindness (L'Aveuglement)

Bruno Lapointe
Le Journal de Montréal
04-10-2008 | 05h00
Il aura fallu de nombreuses années avant que Blindness, l’adaptation du roman du même nom, voie le jour. Après tout ce temps, on se serait attendu à un résultat plus achevé.

Tout débute en plein centre-ville. À l’heure de pointe, un automobiliste perd la vue. Tout simplement. Sans symptôme. Juste comme ça.

Il est en fait la première victime d’une étrange et inopinée épidémie de cécité. Plusieurs subiront le même sort et se retrouvent en quarantaine dans un bunker désaffecté.

Mais il y a une intruse. Une femme, mystérieusement immunisée, suit son mari aveugle jusqu’aux locaux isolés. Gardant sa vue secrète, elle pourra guider un petit groupe d’opprimés à travers ce chaos.

Loin des lumières de la ville, les étrangers réunis bien malgré eux dans une nouvelle société se fondent entre eux. Les classes sociales ne les distinguent plus et le chaos prend bien vite le dessus. L’humanité tirerait-elle à sa fin?

EN DEÇÀ DES ATTENTES

L’idée de base de Blindness était certes intrigante. Une épidémie de cécité? Une société où le chaos remplace l’ordre établi? Pourquoi pas.

Mais bien vite, ce «pourquoi pas?» se transforme en «pourquoi?». Simplement. En fait, le film a beau être porté par des interprétations impeccables de la part de ses acteurs, ça ne semble pas suffire; on en veut tout de même plus.

La distribution a d’ailleurs contribué à hausser les attentes. Avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Alice Vega, Gael Garcia Bernal et Danny Glover en têtes d’affiche, on ne peut que se créer des espoirs.

À ce chapitre, Blindness ne déçoit pas. Les interprètes sont tous d’une grande efficacité, faisant corps et âme avec leur personnage et parvenant à susciter une sympathie indispensable chez les spectateurs.

EFFICACITÉ SPORADIQUE

En dépit de tous les aspects négatifs, Blindness comporte des moments hautement efficaces. Le regard bien particulier de Fernando Meirelles est toujours aussi évocateur et sensible qu’à l’époque de La Cité des dieux ou de La Constance du jardinier.

Malheureusement, c’est au plan du scénario que les lacunes se font le plus sentir. Les dialogues, bien que parfois percutants, sonnent souvent faux et creux. Et nous passerons ici sous silence une finale grandement décevante.

Bref, Blindness semble être le résultat d’une bonne idée simplement mal exploitée. On peut saluer le potentiel et la pertinence du récit, mais on ne peut pas s’empêcher de penser à ce que le résultat aurait pu être. Et d’être déçu.