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TROIS-RIVIÈRES

À la rencontre des poètes québécois

Manon Guilbert
Le Journal de Montréal
10-10-2008 | 11h41
Dans le bel environnement poétique trifluvien, Mikhail Vaslov part avec ses calepins. Aux abords du fleuve, terrasse Turcotte, il s'inspire du Saint-Laurent comme de la Neva. Président de l'Union des écrivains et des poètes, il est comme son confrère du Cameroun, Fernando d'Almeida, professeur de poésie québécoise. Ils se retrouvent à Trois-Rivières, le Sommet de la poésie.

«Mon français n'est pas très bon», dit le premier en faisant retentir son grand rire slave. Pourtant, il a traduit tous les «poètes maudits», il a réalisé une anthologie des surréalistes français et réuni dans des recueils les poètes contemporains français et québécois. Éric Riopel, Serge-Patrick Thibodeau, Jean-Marc Desgent, jeunes poètes québécois, se sont fait connaître en Russie avant que Mikhail Vaslov vienne à leur rencontre à Trois-Rivières. Jusqu'ici, il les connaissait parce qu'ils font partie d'un inventaire, celui des livres des poètes étrangers à la bibliothèque qu'il dirige à Saint-Petersbourg.

À Trois-Rivières, il recherche activement une anthologie de la poésie québécoise. «La poésie française comme la poésie québécoise sont beaucoup moins intimes que la poésie russe, qui est plus introvertie et qui part du dedans. La poésie russe est plus intérieure.»

La poésie et la cité

Participant à plusieurs ateliers et à des tables rondes, récitant ses poèmes dans les bars-restaurants, Mikhail Vaslov apprécie aussi toutes ces incursions de la poésie dans le quotidien de l'automne trifluvien. De voir ces jeunes enfants s'immiscer dans les files d'attente à la pharmacie, chez le médecin avec ce timide «Voulez-vous que je vous lise un poème?», en voyant ces personnes décrypter les vers accompagnant les oeuvres d'art exposées dans les nombreuses galeries et retranscrites dans les vitrines de cafés, il se réjouit que la poésie ait droit de cité.

Fernando d'Almeida, Camerounais, à Trois-Rivières pour la deuxième fois depuis 17 ans, professeur lui aussi, a introduit la poésie québécoise dans les études de maîtrise de l'Université de la première ville économique du Cameroun. «Ce sont mes propres études, ma curiosité qui m'ont mené vers la poésie québécoise. J'ai beaucoup écrit sur Gaston Miron, Gatien Lapointe, Chamberland, Préfontaine. Je connais beaucoup la québécitude... Je ne me sens pas à côté de ce qui se fait ici dans la création fictionnelle.»

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