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© Le Journal de Montréal |
Daniel Lamarre, président du Cirque |
ZAIA À MACAO
Donner le ton au Las Vegas chinois
Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
23-08-2008 | 04h00
Plus que cinq jours avant la grande première de
Zaia à Macao, un des spectacles les
plus coûteux de l’histoire du Cirque du Soleil avec 150 M$ de budget. Daniel Lamarre,
président du Cirque, nous parle de leur première percée en Chine.
En quoi Zaia va changer le paysage
de Macao?
Il s’agit du tout premier spectacle d’envergure
dans cette région en plein développement.
Je crois que Zaia donnera le
ton de la qualité des spectacles qui seront
présentés à partir de maintenant à Macao.
Au même titre que Mystère a changé le
visage du divertissement à Las Vegas,
Zaia créera le divertissement à Macao.
Pourquoi avoir choisi la Chine comme
porte d'entrée de l'Asie et non un autre
pays?
Nous sommes présents en Asie depuis
1992 (avec les spectacles de tournée) et
nos relations avec la Chine datent de plus
de 20 ans. Donc, notre entrée en Asie ne
s’est pas faite sur un coup de tête. Nous
avons semé et préparé le terrain depuis
de nombreuses années. L’occasion qui se
présente à Macao est exceptionnelle et
nous avions l’avantage d’être prêts au
bon moment lorsque cette région se
développait.
Est-ce que vous avez choisi l'année
2008 pour lancer ce spectacle afin de
surfer sur la vague des Olympiques?
Non, pas vraiment, il s’agissait simplement
de l’année à laquelle le théâtre et
l’hôtel Venetian étaient prêts pour
accueillir notre premier spectacle. Ceci
étant dit, il est vrai que les Olympiques
offrent une vitrine exceptionnelle à la
Chine sur le monde et en marge de ceci,
nous présentons au monde notre premier
spectacle permanent en Chine.
Qu'est-ce que le Québec a à apprendre
de la Chine?
Il ne s’agit pas d’apprendre d’un pays
ou de l’autre mais bien plus de comprendre
les pays. Je crois que nous
devons respecter et comprendre les pays
dans lesquels nous nous retrouvons, de
ne pas croire que nous allons faire les
choses de la même manière à Montréal
ou à Macao.
Pourquoi avoir investi autant dans un
seul spectacle?
Nous investissons autant dans la plupart
de nos spectacles permanents. Dans ce
cas-ci, tout était à faire à partir de rien. Le
théâtre a été construit spécifiquement
pour nous. Il ne s’agit pas du montant d’argent
qu’il faut retenir, mais beaucoup plus
quelles sont les ressources et la créativité
à mettre en place pour effectuer le plus
beau spectacle à Macao. C’est la manière
dont nous abordons nos projets. Nous
fixons d’abord l’idée, l’approche de création,
après, nous vérifions combien cela
coûte pour réaliser l’idée…
Est-ce que vous vous êtes heurtés à
des défis de création à cause des
barrières culturelles entre la Chine et
l'Occident?
Pas en tant que tel, mais il faut savoir que
s’il y a un pays qui détient une tradition
de longue date du cirque acrobatique,
c’est la Chine. Nous devions donc mettre
en valeur le déploiement et la qualité
artistique qui nous caractérise afin de bien
faire notre entrée.
À long terme, quelles sont vos
ambitions pour Macao?
Nous souhaitons que Macao soit une
destination d’Asie équivalente à Las Vegas
en terme de déploiement.
Est-ce que le défi est aussi grand que
lorsque Mystère a été lancé à Las
Vegas?
Tout autant, mais nous avons l’expérience
en plus!
Êtes-vous bien accueillis par le
gouvernement chinois?
Très bien accueillis puisque nous avons,
comme toujours, tissé nos liens depuis de
nombreuses années avant aujourd’hui.
C’est la clé de notre relation. Il faut
prendre le temps de se comprendre et de
se respecter mutuellement et, cela, nous le
faisons depuis plus de 20 ans.
Est-ce que le spectacle est teinté de la
culture chinoise?
Nos spectacles sont toujours créés pour
un public universel! Il est à l’image de qui
nous sommes.