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La Fête des pères - Les désagréments d'un voyage de pêche
© Le Journal
Sur la scène du théâtre La Marjolaine, à Eastman, La Fête des Pères est une pièce divertissante, mais dont le texte tombe trop souvent dans la facilité.
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LA FÊTE DES PÈRES

Les désagréments d'un voyage de pêche

Jean-Louis Fortin
Le Journal de Montréal
29-07-2008 | 11h38

Quand cinq hommes vont à la pêche au fond des bois, il n'y a personne d'autre pour les voir ni les entendre. Lorsque la même chose se produit sur la scène d'un théâtre, le résultat est prévisible. La Fête des Pères est une pièce divertissante, mais qui manque de délicatesse.

D'abord un mot sur le site où est présentée la pièce. Le théâtre La Marjolaine et ses alentours sont tout à fait charmants. La salle de spectacles, aménagée dans une ancienne grange du village d'Eastman, n'offre certes pas les conforts des bâtiments modernes et climatisés qu'on retrouve ailleurs, mais elle est accueillante et chaleureuse.

La Fête des Pères raconte donc le voyage de pêche de cinq gars, tous très différents : le vrai homme des bois, le vieux curé alcoolique, le jeune désœuvré tombeur de femmes, le professeur dans la quarantaine naïf et cocu, l'homosexuel opprimé par son entourage. Classique.

Lorsqu'ils se retrouvent dans un endroit où il n'y a pas grand-chose d'autre à faire que pêcher, se faire piquer par les mouches noires et réfléchir, les cinq comparses en viennent tous à faire le point sur leur vie perturbée.

Des passages touchants et réfléchis

Ils auront d'autant plus de temps pour ce faire que l'hydravion qui les avait déposés ne pourra les ramener à la civilisation au moment prévu, à cause d'un soi-disant bris de moteur. Ils sont pris en plein bois le jour de la fête des Pères.

L'idée n'est pas mauvaise, mais pour bien faire comprendre le passé et les aspirations de chacun, l'auteur, Jean-Raymond Marcoux, a dû sabrer les péripéties. La mise en scène d'Yvon Bilodeau s'en trouve donc limitée. Le fil de l'histoire a beau être aussi ténu qu'une ligne à pêche, les remises en question des individus sont très réfléchies, voire souvent touchantes.

Luc Chapdelaine, Jean-Pierre Chartrand, Antoine Durand, Normand Chouinard et Paul Dion se tirent tous bien d'affaire, mais il est difficile pour quiconque de briller dans un texte où chacun a son histoire à raconter en même temps que celle des autres.

Blagues de mauvais goût

On pourra reprocher au texte, présenté pour une première fois, de se hasarder dans des lieux communs qui ne sont pas toujours sympathiques. Certaines blagues paraissent forcées, c'est le moins qu'on puisse dire.

Aussi, pour un texte de 2008, les mauvaises farces sur l'homosexuel paraissent déplacées et franchement d'une autre époque. Ou encore serait-ce parce que l'homme, lorsqu'il se retrouve au fond des bois, recule momentanément de 50 ans dans son processus d'évolution sociale ?

Qu'on le veuille ou non, il y a toujours de petits désagréments dans un voyage de pêche, qui nous font apprécier le confort de la vie moderne. La pièce La Fête des Pères ne fait pas exception à cette règle.

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