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LES ZEFFEUILLEUSES
Plaisir d'un soir, plaisir pour tous
Jean-Louis Fortin
Journal de Montréal
08-03-2008 | 04h00
Pour une fois, les effeuilleuses ne
semblent pas plaire qu’aux hommes. Les
créatrices du spectacle sont surprises du
vaste auditoire qui s’y intéresse.
«Le spectacle s’adresse à la
génération X, à la génération
Y, à la génération Passe-Partout,
aux baby-boomers et
aussi aux parents des babyboomers
», dit en rigolant
Marie-Anne Alepin.
«Ce sont des gens qui ont
connu ces divas de la chanson,
mais aussi des plus
jeunes qui en ont entendu
parler», observe-t-elle.
Les trois cocréatrices du
spectacle n’avaient pas d’idée
précise quant à la composition
de leur public. Les deux
premières représentations
leur ont donc réservé une
certaine surprise.
«En fait, on pensait que ça
allait attirer principalement
des hommes. Mais on se rend
compte que tout le monde est
intéressé», se surprend
Marie-Anne Alepin.
Pour arriver à interpeller un
large public, les créatrices de
la soirée-cabaret ont réalisé
un imposant travail d’adaptation
et d’appropriation. Au
total, plus d’une vingtaine de
chansons figurent au répertoire,
en plus de surprises
apportées par les chanteuses
invitées.
«On fait ça en équipe. Tout
le monde a participé au travail
d’appropriation, que ce
soit les trois conceptrices, les
invitées ou encore les musiciens
», remarque l’une des
trois Zeffeuilleuses.
ARTISTES INVITÉES
Les trois instigatrices du
projet ont approché des
artistes connues pour les
accompagner sur scène. La
comédienne Brigitte Lafleur,
que l’on voit dans le téléroman
L’Auberge du chien noir
et qu’on retrouvera dans La
Galère, sera de la partie lors
de la représentation du
15 mars.
«L’univers de ces chanteuses
est intrigant, fascinant.
J’ai accepté avec plaisir
de participer au projet»,
raconte d’entrée de jeu
Brigitte Lafleur.
Au cours de la soirée-cabaret,
on pourra la voir interpréter
notamment Tico, de Dalida,
ainsi que Fais-moi mal,
Johnny, un titre écrit par
Boris Vian qui avait fait le
succès de la chanteuse française
Magali Noël à la fin des
années 1950.
«Ce ne sont pas des chansons
que j’aurais choisies au
premier abord. Je dois donc
trouver une façon de les monter,
de me les approprier»,
avoue-t-elle.
«Mon côté comédienne me
sert beaucoup. Je me fais une
petite mise en scène personnelle
pour chaque chanson et
j’ai beaucoup de plaisir à faire
ça», raconte Brigitte Lafleur.
L’effeuilleuse d’un soir a
beaucoup aimé travailler avec
des musiciens professionnels.
«C’est tellement agréable de
partager la scène avec des
gens qui jouent aussi bien! Ils
s’adaptent vraiment à notre
rythme», relate-t-elle.
«Ce qui ressort le plus des
premières représentations
que nous avons faites, c’est le
côté party et les moments loufoques
du spectacle. Le public
a beaucoup de plaisir»,
conclut celle que l’on pourra
voir au théâtre d’été dans
L’Intrus, une pièce présentée
du 7 juin au 30 août au
Théâtre des Hirondelles.
- Les Zeffeuilleuses, par
Marie-Anne Alepin, Karine
Ricard et Marie-Ève Soulard
La Ferrière, produites par
Louison Plante, chorégraphies
de Louise Lussier. Le
15 mars au Lion d’Or.
Billetterie: 514 844-2172.
Des musiciens chevronnés
Spectacle musical oblige, les
dames sur scène sont soutenues
par des musiciens de premier
plan.
Alexis Dumais au piano, Jean-
Philippe Pelletier à la basse,
Charles Imbeau à la trompette et
Jean-Sébastien Nicol à la batterie
reçoivent le mandat d’interpréter
les pièces musicales à la façon
cabaret, dans une ambiance
intime.
Les quatre musiciens ont déjà
travaillé, entre autres, avec le
groupe de hip-hop Loco Locass.
«C’est très plaisant de travailler
ensemble après plusieurs années
de séparation. Nous avons une
belle complicité sur scène»,
raconte au téléphone le trompettiste
Charles Imbeau, qui était en
tournée avec Loco Locass jusqu’en
2002.
CLASSIQUES REVISITÉS
L’équipe de musiciens se devait
de revisiter les classiques sélectionnés
par Les Zeffeuilleuses
pour les adapter à un format plus
convivial.
«On est partis des versions originales,
qui sont pour la plupart
très orchestrées. Il a fallu les
adapter pour qu’elles correspondent
à l’ambiance plus intime que
nous voulions créer», explique
Charles Imbeau, qui a déjà travaillé
avec Les Colocs.
Pour ce qui est des pièces-surprises,
qui s’ajoutent au gré des
invitées, la part d’improvisation
est plus grande.
«Ce sont principalement les
trois créatrices du spectacle qui
décident des chansons. Nous (les
musiciens), on s’arrange pour
toutes les savoir trois jours avant
le spectacle. Ça donne une prestation
vraiment solide, un clin
d’oeil aux succès d’autrefois»,
raconte le musicien.
«Le résultat dans la salle est
vraiment professionnel. Le Lion
d’Or est l’endroit parfait pour ce
show-là», conclut-il.