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U2 EN TOURNÉE
Une impressionnante entrée en matière
Philippe Rezzonico -Journal de Montréal
30-03-2005 | 06h45
Que faire quand tu as tout fait? Tu innoves, tu adaptes, tu piges dans ton catalogue et cela donne à l’arrivée un impressionnant spectacle d’ouverture de tournée mondiale.
C’est ce qu’a fait U2, lundi soir, en lançant sa tournée Vertigo, véritable fusion entre le passé et le présent enrobée d’une technologie contemporaine qui n’a jamais amenuisé l’humanité dont ces Irlandais sont capables.
Histoire d’être plus proche que jamais des fans, Bono amorce le spectacle au milieu de la foule, tout au bout de la passerelle en forme d’œuf. Lorsqu’il va rejoindre ses collègues qui sont sur la scène principale (ronde), des milliers de confettis tombent du plafond durant les premières mesures de City of Blinding Lights. L’effet est accentué par les lumières réfléchies sur des «écrans» vidéo, qui sont en réalité des simulacres de longs colliers de perles qui descendent du plafond. Une atmosphère de rappel dès la première chanson.
Brillant
Vertigo fait ensuite exploser le iPay One Center, un amphithéâtre plus petit que ne l’était le Forum, où la vue est impeccable dans toutes les zones. Cette fois, la passerelle et la scène s’illuminent de lumières rouges qui semblent tourner à toute allure autour du band. Étourdissant.
Des moments où la technologie et l’émotion ont fait corps avec la musique, il y en a eu plusieurs. Durant Beautiful Day, des écrans vidéo supplémentaires descendent du plafond pour réfléchir des couleurs pastel. Lors de Where the Streets Have No Name, ce sont les couleurs des drapeaux mondiaux qui dansent sur les écrans.
Durant Sometimes You Can’t Make It on Your Own, chanson écrite par Bono pour son père disparu, le chanteur enlève ses lunettes, se mettant à nu devant le public comme on l’a rarement vu depuis 15 ans.
«Mon père aurait adoré être dans le show-business», révèle le chanteur, alors que les écrans nous montrent un homme marcher d’un pas droit et franc. C’est, en revanche, les yeux bandés et à genoux qu’il livre une bonne partie de Bullet the Blue Sky, tel un prisonnier politique.
«Nous y sommes. Vous y êtes. C’est un grand, grand soir pour nous», a dit Bono avant Miracle Drug, prenant le temps de s’excuser pour le cafouillage de la vente des billets pour le premier volet nord-américain de la tournée. Grande classe.
Un spectacle de U2 apolitique, ça n’existe pas. Au terme de Running to Stand Still, la foule a droit à la Déclaration des droits de l’Homme, chaudement applaudie. Avant One, Bono parle de la campagne liée à cette chanson qui vise à enrayer la pauvreté. Un message incitant les gens à donner leur opinion sera affiché à l’écran plus tard.
En dépit de sept nouvelles chansons – le tiers du spectacle –, U2 a voulu faire plaisir à tout le monde, surtout aux vieux fans. Six titres dans le même show datant d’avant 1984 ? On croyait rêver. Du moins ceux qui ont l’âge des gars du band et qui les suivent depuis 1980.
Mais cela a permis à une jeune génération de savourer 40 en totalité, livrée comme nous y avions droit durant les années quatre-vingt, lorsque chaque membre quitte la scène un par un, laissant Larry Mullen le soin de clore le spectacle. Magnifique flash-back.